Happy Hour

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Et voilà un des spectacles les plus réjouissants ! Happy Hour, heure du bonheur (3). Le temps de la durée du spectacle. Alessandro Bernardeschi et Mauro Paccagnella sont italiens mais belges d’adoption depuis plus de vingt ans. Tous deux ont franchi la cinquantaine. Facile pour personne. Encore moins quand on est danseur. Mais Alessandro et Mauro dansent et nous racontent un peu leur vie, leur adolescence dans l’Italie mouvementée des années de plomb, les émissions de variétés le vendredi soir devant la télé orchestrées par Raffaella Carra, meneuse de revue totalement déjantée qui invitait aussi bien Adriano Celentano que le chanteur le plus ringard du moment (pendant ce temps, en France, nous avions Guy Lux ou les Carpentier). Alessandro et Mauro dansent et se trémoussent sur Bob Dylan, Amanda Lear ou Monteverdi, sans nostalgie mais avec une joie et un bonheur contagieux. On rit, on pleure, on applaudit. Ils sont merveilleux, généreux, invitent le public à danser à son tour tandis qu’ils boivent une bière. Le temps qui passe ne masque ni les rides ni les cheveux blancs. Il insuffle la vie, le bonheur d’être là, debout, vivants.

 

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Belgique libre 2Marie Baudet, envoyée spéciale à Avignon

 

 

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Donner le coup d’envoi d’une journée avec un Happy Hour, servi chaud bouillant suant par les Italo-Bruxellois Alessandro Bernardeschi et Mauro Paccagnella, à 12 h 45 au Théâtre des Doms, file une bonne humeur extra (et encore davantage). De l’un à l’autre, un spectre d’émotions accidentées, tantôt figue, tantôt raisin, sur la passion du geste, le temps qui file et la virulence intacte du désir de danser.

Rien que d’être accueilli à bras ouverts dans la petite salle des Doms par Alessandro Bernardeschi et Mauro Paccagnella, trente ans de danse, vingt de complicité et un siècle à eux deux, accroche le sourire. Leur simplicité, leur français rouleur de « r » et de caisse entre gouaille italienne et accent belge, sont des rampes de lancement parfaites pour un Happy Hour qui ne fait pas mentir son titre. « Tu paies pour le premier, le second est gratuit. » Et la bière est belge évidemment. Leur tactique est si joyeuse, si festive, que tout le monde finit par avoir envie d’aller sur scène .

Les deux lascars et excellents duettistes, repérés entre autres chez la chorégraphe Caterina Sagna, s’offrent une embardée les yeux dans les yeux histoire de faire un point sur la mire de leur vie : la danse. Ils la jouent à la bonne franquette, un peu moqueur, un peu rêveur, mais non sans gravité. En dix tableaux, ils regardent sous le capot d’un spectacle et en démontent le moteur sous nos yeux, fouillant sans relâche des « matières » de corps « concerto, forêt de bras… ». Leur amour du métier, leur façon de pousser le bouchon de l’invention gestuelle toujours plus loin que prévu, réjouissent et émeuvent tout à la fois. Avec cette patine de la distance et de l’humour que donne le temps lorsqu’il ne connaît pas l’amertume. Et les deux lascars sont non seulement des numéros hors pair mais de bons vivants au sens noble.

Rosita Boisseau (envoyée spéciale Avignon 16 juillet 2016)